Sophie Bogarné

CHAMBRE 409

« La tâche fondamentale de mes vers et de mes récits serait bien celle de faire revenir dans la vie sociale la magie, au sens le plus large. Il s’agit de cette force intérieure que chaque femme est obligée de cultiver en elle-même. J’essaie de rappeler l’importance du spirituel qui, malgré les lois de notre vie contemporaine, l’emportera toujours sur le matériel. Je ne cherche pas à susciter la foi en un seul Dieu et à faire du prosélytisme religieux – au contraire, j’aimerais inciter les gens autour de moi à choisir librement leurs « guides spirituels » et leurs voies pour accéder à ce qu’ils convoitent, sans oublier pourtant leur responsabilité. Je consacre mes créations, dans leur ensemble, à la Femme. J’explore l’univers féminin jusqu’à dans ses plus infimes recoins et je fais d’interminables analyses de sa sensibilité et de ses émois afin de mettre en évidence leur prédestination sacrée… J’ai la certitude que rien ne détruit notre monde autant que les femmes qui refusent d’être ce qu’elles sont véritablement. Celles qui renoncent aux hommes, dans l’espoir de monter sur leur éternel piédestal. Mais c’est justement la guerre la plus effroyable dont le perdant sera toute l’humanité. »
 
SB

B

Sophie Bogarné
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« Le genre littéraire de la Chambre 409 est assez particulier, presque inopiné, et ne se prête pas à une définition univoque. Je considère que c’est quelque chose de nouveau comme littérature et j’aurais qualifié ce livre de « confession épistolaire en vers ». Les poèmes cultivent un certain mystère et mettent en place des interrogations dont on trouve les réponses dans le dernier chapitre qui est en prose. Ce subtil mélange de poésie et de prose pourrait être comparé à une ingénieuse synthèse entre l’art de la musique et celui de la peinture, où la musique des poèmes vous permet d’« entendre » le tableau peint dans le texte en prose, alors que celle-ci vous fait « voir » la musique de la poésie. 

                                                                                                                                            

Un léger parfum d’érotisme et de volupté se dégage des pages de ce livre dont l’auteur Sophie Bogarné  propose un sujet considéré illicite autrefois et abondamment traité de nos jours. Les très suggestives illustrations de Sacha Reznik – dessins au fusain et photographies artistiques – évoquent une sorte de « dame aux camélias » contemporaine et hors temps à la fois. Le lecteur affranchi des superstitions verbales et des préjugés surannés – autrement dit, le lecteur qui ne ferait pas de conclusions hâtives et ne renoncerait pas à découvrir la Chambre 409 – pourra constater que la thématique de l’œuvre ne s’articule pas qu’autour de l’amour et qu’elle tend à s’élargir vers les horizons d’une progression spirituelle, quasi religieuse. Ce n’est pas par hasard que l’espace poétique de la Chambre 409 est peuplé d’une kyrielle d’anges. D’après son étymologie, le terme « ange » vient du mot grec aggelos qui signifie « messager ». C’est que le texte est riche en messages que l’on peut décrypter aussi bien dans la partie en prose que dans les chapitres lyriques qui la précèdent. 

Il s’agit de la condition féminine dont la barque est souvent amenée à « nager entre deux eaux » – une violence masculine au sens le plus large et, parfois, celle d’un proxénétisme rapace, d’un côté, et, d’autre part, un féminisme hystérique. Sur un fond d’esthétisation et de sacralisation de l’ordre des choses, et dans une sorte de ritualisation des plaisirs charnels – bougies, vin, draps précieux, pétales de roses et autres fragrances… – l’auteur voue son héroïne à un périlleux exercice d’examen de conscience, et explore les recoins les plus obscurs de la psyché féminine, dans le but de les ouvrir à la lumière de la pureté et de la bonté humaine. 

Sans chercher à magnifier ni à diffamer l’art de l’amour, le « moi » poétique poursuit le chemin de ses patients efforts pour se délivrer de ce filet de contraintes, dans lequel on est parfois brutalement projeté par la tyrannie de ses propres sens. L’auteur tente à concilier sans bassesse l’esprit et la chair, relatant l’histoire d’« une Femme qui apprenait aux autres à aimer... »

Florian Voutev

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Opinions des lecteurs

J'ai vraiment adoré Chambre 409. Déjà, je suis fan des hôtels, et des histoires qui s'en servent comme cadre. J'adore car l'hôtel est, par définition, un cadre à la fois public et privé. Il y a donc dans ce lieu une ambivalence, un mystère, qui est très utile à l'atmosphère de la nouvelle. En plus, comme c'est un lieu qui doit être accueillant, confortable, le lecteur est immergé dans un huis-clos plaisant. Et c'est toujours utile afin de rendre la lecture agréable. Ce cadre permet d'introduire en douceur, de façon feutrée, une dimension nébuleuse, mystique, qui est propre à l'approche que Sophie montre de la féminité. Le rapport à la féminité est donc marqué par une profonde dignité, un code proche de la ferveur religieuse et je trouve que, même pour un homme, cela permet d'aboutir à un mécanisme empathique.

Cette nouvelle me semble assez proche du conte initiatique, dans le sens où la jeune femme voit sa vie bouleversée dans un cadre temporel opaque, distordu. Dix minutes ont plus de valeur que toute une vie car pendant ces dix minutes s'opère une révélation existentielle.

Sophie est pour moi une excellente auteure, j'ai passé de très bons moments à lire ses oeuvres.

Robin Rafoni

comédien, metteur en scène

Passionné de poésie depuis mon enfance, particulièrement par le mouvement parnassien et connaissant Sophie Bogarné, je suis heureux de lui apporter ma contribution pour son premier recueil Chambre 409.

Sa poésie, qui décrit avec finesse la passion et la sensualité, est à bien des égards similaire aux sensations provoquées par un envoutant parfum, qui réveille en nous les sentiments amoureux.

« La passion, ses fragrances m’enivrent et me lassent » écrit la poétesse dans son poème Malgré Moi.

 

La poésie et les femmes ont toujours été mes sources d’inspiration pour mes créations olfactives et continuent à l’être.

Chambre 409 fait partie de ces poèmes qui sans aucun doute pourrait donner naissance à un très beau parfum.
 


Jean-Paul Guerlain

parfumeur

J'ai beaucoup aimé la nouvelle et les poèmes.


Je trouve que tu as un univers poétique envoûtant

et mystérieux.


C'est comme si tu invitais le lecteur à ouvrir une porte pour qu'il puisse y découvrir une chambre de velours aux vapeurs de musc où il y résonne d'étranges accords de piano.
Baudelaire a dit : "le beau est toujours bizarre".


Et je ne saurais mieux qualifier le sentiment que j'ai eu en découvrant tes poèmes.

Florent Lumbroso

comédien

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